Cadran solaire mural en mosaïque Valentino FALCONE

 

 

 

Coordonnées 47° 44’ 12’’ N   7° 16’ 36’’ E   Déclinaison 5° E
Posé depuis le 7 mars 2005 sur le mur Sud de (5° décl. E) de sa maison
Ses dimensions sont 112cm sur 106cm, son poids est de 96 kg.

 

 

Les tesselles (composant la mosaïque) ont été obtenues par sciage de carreaux en grés-cérame de 8 mm d'épaisseur prévus pour pose extérieur, puis débités aux dimensions et formes voulues à l 'aide de pinces au carbure de tungstène. Il a fallu utiliser jusqu'à usure complète 10 disques diamantés et 5 paires de ces pinces spéciales pour obtenir les tesselles voulues à la dimension de 8 mm x 8 mm pour les plus grandes et de 2 ou 3 mm pour les plus petites. En tout environ 15 000 tesselles ont été nécessaires, taillées et ajustées une par une de façon artisanale.

 

 

La mosaïque a été faite par pose indirecte, en une dizaine de panneaux séparés, collés au ciment-colle au fur et à mesure de leur fabrication sur une plaque d’eternit ( fibro-ciment sans amiante ) de 6 mm d’épaisseur, qui a été posée à son tour dans un cadre en laiton constitué de cornières 40 mm x 40 mm de coté et de 4 mm d’épaisseur, puis renforcée a l’arrière par une armature de rondins en fer et une coulée de béton rendant l’ensemble très rigide.

 

 

L'ensemble des matériaux a été choisi pour résister à des écarts de température comprises entre - 30 et + 80° C , ainsi qu' à d'autres intempéries telles que pluie, grêle, etc.

La devise latine : " HORAS NE NUMEREM NISI SERENAS " se traduit par : " Je ne souhaiterait compter que des heures sereines ", dans son double sens d'heures ensoleillées, mais aussi d'heures paisibles.

Les deux médaillons de la partie supérieure du cadran, représentent respectivement un lièvre et une tortue, sont une allusion un peu humoristique à la fable de J. de La Fontaine dont la morale bien connue est : " A rien ne sert de courir, il faut partir à temps. "

 


 

CADRAN VERTICAL FALCONE

Lat. 47° 44’ N.   7° 16’E.    Décl. 7° E.

 

 

Il arrive à beaucoup de retraités d’être débordés de travail, parait-il. Moi, je fais parti de ce lot. Il y a le jardinage, de plus ou moins menues réparations de tout ce que vous voudrez, et des travaux d’entretien dont on se passerait volontiers mais que l’on doit tout de même mener à bien assez rapidement pour éviter qu’ils ne s’accumulent.

Il y aussi les hobbies, qui viennent dévorer notre temps de manière excessive si non irraisonnable. Concernant ces derniers, il faut bien admettre que, en général, c’est parce qu’on le veut, mais aussi parce que, au début,on ne s’est pas vraiment rendu compte d’où on mettait les pieds. C’est justement ce qui m’est arrivé avec mon envie de réaliser un cadran solaire. Une sorte d’envie qui couvait sournoisement en moi comme du feu sous la cendre.

Un soir, au mois de mars de l’année dernière - 2004 -, je me mis à griffonner par simple passe-temps un cadran solaire sur une feuille de papier quadrillé qui traînait sur le bureau. Le brouillon de cadran solaire qui en sortit me parut assez beau. Et c’est ainsi que le piége se referma sur moi.

Le jour suivant, un nouveau dessin vit le jour, plus élaboré cette fois-ci, car l’intention délibérée d’aller plus loin s’était déjà installée au fond de moi. Quelque jours après je finis par me retrouver derrière une fenêtre exposée plein sud, dans une pièce de à l’étage au dessus, avec un cadran tracé sur une feuille de contreplaqué, en train de marquer soigneusement les lignes horaires que l’ombre d’un style indiquait lorsque le soleil était au rendez-vous. Les autres occupations, toutes les autres occupations, même impérieuses, devinrent désormais pour secondaires.

Je compris vite que cette méthode empirique avait ses limites. Parce que si l’on désire ajouter a un cadran solaire les lignes d’ équinoxe et un analemme grâce à l’ombre d’un style, cela devient un travail de patience qui exige un an dans le meilleur des cas, c’est à dire à la condition sine qua non que le soleil soit au rendez-vous quasiment tous les jours, au moment voulu. Ce qui est fort aléatoire et improbable sous nos latitudes.

Ce qui peut encore compliquer considérablement les calculs, est de ne pas disposer d’un mur parfaitement exposé au Sud où poser la méridienne. C’est le cas le plus fréquent. Lorsque le mur en question est déclinant, comme on dit en jargon gnomonique, c’est à dire qui penche à l’Est ou à l’Ouest, les lignes horaire sont d’autant plus inégalement espacées entre elles que la déclinaison est importante, et la moindre erreur de calcul engendre alors de grossiers manques de précision, surtout à l’égard des heures éloignées de midi, c’est à dire aux extrémités du cadran.

Il m’a donc fallut avoir recours à des moyens plus rapides pour ce fameux traçage. Internet s’est montré encore une fois d’un grand secours, car j’y ai trouvé toute la panoplie des renseignements dont j’avais besoin, y compris des logiciels de calcul et la table des éphémérides.

Lorsque enfin les lignes horaires et celles des solstices étaient tracées de manière définitive, j’ai embellis le cadran de quelques ornements qui me semblaient appropriés, tels que les signes du zodiaque et deux médaillons quelque peu humoristiques, représentant respectivement le lièvre et la tortue (pour la morale de la fable voir La Fontaine ). Il ne me restait qu’à décider du support sur lequel concrétiser le cadran, en tenant compte que l’ensemble, une fois achevé, devait défier les intempéries de toutes sortes des années durant, sans nécessiter de fastidieuses restaurations.

Or pour cela le matériaux le plus indiqué me semblait être le grés-cérame, et plus précisément celui dont est constitué les carrelage pour extérieur. Carreaux qu’il fallait ensuite découper en cubes d’environ 1 cm. de cotés, qui deviennent ainsi des tesselles pour mosaïque

Je pensais pouvoir me procurer ces carrelages à moindre frais, en solde, car les quantités nécessaires pour chaque couleur étaient minimes.

Dans la réalité, ce raisonnement se montra on ne pourrait plus faux. Les carreaux des couleurs que je cherchais étaient introuvables ou en quantité insuffisante, sans aucun espoir d’en retrouver par la suite si nécessaire.

Il me fallut ainsi choisir du neuf, en boite de 1,5 m² de chaque couleur, pour une dizaine de différentes couleurs: c’est à dire me résoudre à l’achat de 15 m² environ de carrelage pour un cadran d’un 1 m² environ.

Une fois cet assortiment de carreaux en atelier, comme je le disais déjà, il m’a fallut les découper en tesselles de 8 à 10 mm² pour les plus grandes, et de 3 ou 4 mm² pour les plus petites, puis les ajuster pièce par pièce à la tenaille avant la pose, et cela pour 15 000 pièces environ . En langage de mosaïste, cela s’appelle un opus vermiculatum. Pour avoir une idée plus précise de ce genre de travail, il faut considérer que chaque carreau de 20 cm. sur 20 cm. doit être scié de à 20 à 30 fois dans un sens, et d’autant de fois dans l’autre. Ce qui donne un minimum de 4 m. linéaires de coupe par carreau. Pour une mosaïque de 1 m², en tenant compte des pertes et des pièces faites en surnombre par précaution, la longueur totale des ces coupes se mesure en centaines de mètres.

La pose a été faite par étapes, c’est a dire petit panneau par petit panneau, chaque panneau ayant été assemblé, puis préencollé sur la face arrière, avant d’être collé définitivement à son tour sur une plaque de fibrociment ( un travail de bénédictin, ou de romain si vous préférez) Ce panneau a été ensuite encadré d’une cornière en laiton et consolidé par une coulée de béton sur la face arrière, amenant le tout à 4 cm. d’épaisseur et au poids respectable de 100 Kg environ.

Cela est du travail de mosaïste dont j’ignorais tout en commençant ce genre d’ouvrage. J’ai dû tout apprendre sur Internet pour ce qui est de la théorie, et sur le tas pour la pratique, en travaillant avec beaucoup de patience. Après huit mois de travail acharné et de doutes, mais aussi de beaux moments de satisfaction, ma fameuse méridienne était enfin achevée. Ce qui m’encourageait beaucoup, était l’intéressement que ma jolie petite fille Mélanie portait à l’avancement de mon travail, auquel elle a voulu aussi assister chaque fois qu’elle venait me voir, en montrant vouloir y mettre la main, ce que j ‘ accepté avec grand plaisir. Lorsque tout était enfin terminé, j’ai poussé un grand ouf, qu’il me semble encore entendre, et dont je suis certain de me souvenir longtemps encore.

Cela se passait en fin d’après-midi de la St. Sylvestre. Il faisait déjà bien sombre, mais je me suis tout même réjoui de pouvoir bientôt compter mon temps en heures solaires et de savoir quand il est vraiment midi, le midi solaire, car il y en a encore beaucoup qui le cherchent à quatorze heures.

 

FALCONE Valentino

Morschwiller le Bas, le 10 janvier 2005

 

Autre cadran de V. FALCONE: la fontaine gnomonique